La phyto-épuration

Lorsque nous avons acheté le terrain, celui-ci n’était pas viabilisé et n’était pas raccordable au tout à l’égout. Depuis, la mairie a engagé les procédures d’extension du tout à l’égout et une partie est à notre charge. Cependant, nous avions fait faire une étude pour la réalisation d’une phytoépuration. C’est par le réseau d’eau vivante, et plus particulièrement l’association Graine d’eau que l’étude a été effectuée.

Principe général.

La phytoépuration fait appel à la capacité qu’ont certaines plantes de filtrer les eaux et de les épurer. C’est un phénomène que l’on rencontre particulièrement dans les marais par exemple. Il s’agit donc de filtrer les eaux à traiter à travers un ou plusieurs bacs successifs au sein desquels auront été plantés différents végétaux. Les eaux d’épuration circuleront par gravitation simple avant de rejoindre un dernier bassin d’infiltration, appelé la noue, et qui sera planté d’osier par exemple.

Il existe plusieurs systèmes couramment employés, dont ceux développés par Aquatiris et Eau Vivante. La principale question qui se pose cependant est de savoir si l’on souhaite traiter des eaux vannes (avec toilettes à eaux) ou des eaux grises (avec toilettes sèches). Dans le premier cas, la solution sera plus lourde en installation car la taille des bassin devra être plus importante que pour un traitement des eaux grises simplement.

D’un point de vue légal, ces systèmes ne sont normalement pas autorisés, mais peuvent être tolérés. En effet, les SPANC, chargés du contrôle des installations d’assainissement non collectif, ne les ont que rarement intégrés dans leur règlement, car pour ce faire, ont besoin de s’appuyer sur des systèmes agrées par les autorités sanitaires. Seul un des systèmes d’aquatiris a reçu cet agrément (un système à eaux vannes). Pour autant, tant que les normes de pollution des eaux rejetées sont inférieures aux maximales tolérées (ce qui est le cas avec la phytoépuration) , il semble difficile aux spanc de demander la mise en conformité d’une installation…

Notre projet

Dans notre cas, nous avons choisi un traitement des eaux grises, avec l’emploi de toilettes sèches, plus simple à gérer que le traitement des eaux vannes. Et puis, il nous paraît préférable d’éviter de polluer de l’eau potable traitée à grands frais avec des déjections humaines…

L’étude de Graine d’Eau, au regard du nombre de personnes vivant dans la maison au quotidien, nécessite la mise en place de 4 bassins horizontaux (c’est à dire que l’entrée d’eau est juste quelques centimètres au dessus de la sortie).

La principale difficulté vient du fait que le terrain ne dispose pour ainsi dire d’aucune pente, et nous devrons donc disposer d’une pompe de relevage pour amener les eaux grises dans les premiers bassin. Si techniquement c’est tout à fait faisable, c’est toujours un peu ennuyeux pour des questions de consommation d’énergie, ou de nécessité de se reposer sur des systèmes mécaniques qui ont la fâcheuse tendance à tomber en panne au pire moment…

Une autre difficulté, d’ordre administratif, est la présence du tout à l’égoût devant notre parcelle et l’obligation qui nous est faite de nous y raccorder. Nous n’avons pas tellement le choix là dessus, et nous devons donc nous conformer à la législation. L’idée est que les eaux épurées de la phytoépuration rejoindront le tout à l’égoût.

Quant à la réalisation, nous ne savons pas aujourd’hui si nous auto-construirons le système ou si nous proposerons à eau vivante  la réalisation d’un stage sur un week end. L’étude de graine d’eau est précise, tous les plans sont fournis et explicites, et la mise en oeuvre n’est pas complexe…

Addendum au 15 Juin 2012 :

Nous avons eu des contacts avec un technicien d’un SPANC. Il nous précise qu’un autre système de phytoépuration est agrée aujourd’hui, celui d’Epur nature : http://www.epurnature.fr/fr

D’autre part, il nous précise qu’un SPANC peut tout à fait demander la mise en conformité d’un système si celui-ci n’a pas reçu d’autorisation administrative, qu’il pollue ou non. Enfin, la connexion à un tout à l’égoût en général induit la suppression de tout autre système de filtration en amont, car des eaux propres peuvent créer des difficultés de traitement au niveau de la station d’épuration. Ainsi, en gros, c’est l’un ou l’autre.

Donc, nous nous voyons contraint de nous connecter au tout à l’égoût directement, sans passer par une phyto. Nous pourrons sans doute rediscuter de la mise en place d’une phytoépuration, mais cela nécessitera des discussions tant avec la mairie qu’avec le SPANC chez nous.

Affaire à suivre, un jour…

6 réflexions sur “La phyto-épuration

  1. Le principe m’intéresse d’autant plus que nous avions visité une ferme dans le Finistère qui étudiait ce processus pour gérer les déjections bovines.

    Dans votre cas, cela pose plusieurs questions :
    – quid de l’entretien ?
    – quid de l’odeur ? (j’ai bien conscience que vous utiliserez des toilettes sèches)
    – quid de l’intérêt si vous avez l’obligation de vous raccorder aux égouts ?
    En effet, vous allez traiter vos eaux usées, les transformer en eaux propres (je ne sais pas à quel niveau par ailleurs) mais vous allez les déverser dans des eaux usées… elles seront donc polluées par le reste.

  2. Salut jéré,

    -Pour l’entretien, sachant que la surface des bassins chez nous sera de 7,2m2, cela représente un jardin de 8 m2 à entretenir…Il faut prévoir un grand nettoyage tous les 10 ans.
    -Pour l’odeur, elle est due à la fermentation, et donc à la présence de matière organique humide et à l’action des bactéries. Or, les eaux grises, contrairement aux eaux vannes, ne comportent pratiquement pas de matière organique. Donc, tu n’as pas d’odeur. Pour les toilettes sèches, comme tu assèches la matière organique avec de la sciure par exemple, tu élimines pour le coup le problème d’odeur. Le compost (un compost spécifique pour les toilettes) doit être couvert pour le protéger de la pluie. Par contre, si tu utilises des eaux vannes, là, tu peux rencontrer un problème d’odeur…
    – l’intérêt : bah oui…Quelque part, c’est très con, on le sait bien. En plus, on va payer une taxe de retraitement puisque on est au tout à l’égout. Mais on a aussi envie de montrer que ça fonctionne, que c’est assez facile à mettre en oeuvre, et surtout, surtout, ça responsabilise énormément quant aux rejets domestiques…Parce que l’eau de javel, les vieilles peintures, et autres méchants produits d’entretien ne sont pas vraiment appréciés du système. C’est aussi une démarche vis à vis de nos deux loulous, avec un circuit court, visible immédiatement : si tu jettes n’importe quoi dans l’évier, tu tues les plantes du jardin…Une vision en raccourci de ce qui se passe plus globalement aujourd’hui

  3. J’ai du mal a comprendre comment des eaux « non-grises » pourrait interférer avec un système de phyto-épuration en aval?
    C’est étrange quant même…

    • euh oui, mais maintenant qu’on n’aura que le tout à l’égoût, on pourra verser dans l’évier du garage nos vieux fonds de peintures…C’est quand même vachement mieux…(sic…)

  4. Bonjour,

    Moi dans ce cas, je fais ce que je veux et je dis rien à personne ! J’em…ces burocrates incompétants. A la rigueur je me branche sur le réseau de façon fictive et j’utilise mon eau traitée comme bon me semble. Evidemment, je paye injustement la taxe…mais c’est ce qu’ils veulent, ça leur suffit à Ali Baba et ses 40 technocrates…
    De toutes façon ils sont tellement nuls qu’ils n’y verront que du feu… La preuve allez voir les pb qu’ont les associations environnementales, les pécheurs etc… avec les industriels et les agro-exploitants qui pourrissent les rivières et la planète. Même avec toutes les preuves, ils sont sans moyens, la pollution continue et, forts avec les faibles, faibles avec les puissants ils vont faire ch… ceux qui font des efforts et qui sont l’avenir…
    Deux exemples :
    Depuis très longtemps, l’Allemagne, l’Australie et bien d’autres, favorisent, voire obligent l’utilisation de l’eau de récup pour les toilettes classiques. Et bien au pays des idées futées c’est interdit pour des raisons sanitaires !!! Des fois qu’un enfant boive dans les WC, de l’eau provenant du toit …( en fait maintenant, face à Ubu qui se marre trop bruyamment, c’est toléré et peut-être même accepté ).
    Autre cas, j’ai un voisin qui a la visite tous les 2 ans des zotorités compétantes pour vérifier la mise aux normes de son épuration individuelle classique (fosse et épendage) . Chaque fois on lui dit : Alors c’est fait ? La réponse est toujours la même : Non, mais bientôt…(avec un sourire)
    Et ils repartent. C’est tout. Ils n’ont aucun moyen ! A la prochaine…
    Le voisin ne fera jamais rien d’autre, d’autant qu’il est au milieu de 10 ha boisés et que son épuration, elle est de fait réalisée… par phytoépuration de centaines d’arbres, bien plus efficacement que la majorité des fosses sceptiques ( qui doivent normalement être vidées régulièrement et qui ne le sont pas ) !

    Thierry

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